Château Palmer Margaux 1978

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L'avis de Linda

« Il y a un style Palmer qui transcende les évolutions technologiques. Un style qui se définirait entre élégance aromatique et velouté de trame… Un grand margaux pétri d’élégance » RVF N°589.  (en entier ci-dessous)

 1814- 1841 : Up ! Charles Palmer, anglais de 37 ans, membre du Parliament et lieutenant-colonel vient à Bordeaux avec l’armée de Wellington. Connu pour ses exploits militaires et ses conquêtes féminines, Charles Palmer prend la diligence avec Madame Marie Brunet de Ferrière, jeune veuve de Gascq alors seule propriétaire du domaine de Gasq… La route est longue et propice à la conversation…Fut-elle chaleureuse, distante ? L’inimitié franco-anglaise a-t-elle émoustillé les sens de nos deux voyageurs ? Nous ne le saurons jamais mais quand la diligence arrive à destination, le Domaine de Gasq est désormais la propriété de Charles Palmer (good job !) qui ne cessera pendant 30 ans d’agrandir le domaine rivalisant en taille et en renommée avec son illustre voisin Château Margaux (very good !). Les progrès de Palmer sont tellement fulgurants  que le régisseur d’alors,  Jean Lagunegrand, est  le mieux payé de tout le Médoc (excellent !) !

1841-1855 : Down ! Charles Palmer a des difficultés économiques. Poor Charles ! Il doit vendre en 1843 à une madame Bergerac qui elle-même revend en 1853 aux frères Emile et Isaac Pereire, hommes d’affaires qui profitent de l’épanouissement économique du Second Empire pour faire fortune (on leur doit Arcachon, Vichy, entre autres, avec quelques voies ferrées…). Mais bon, tous ces changements de propriétaires ne sont pas bons pour le château Palmer et la qualité du vin s’en ressent.  Mauvais timing ! Pas le moment de fléchir alors que se prépare le classement les meilleurs vins de Bordeaux pour l’exposition universelle de 1855 ! Too bad ! Alors que l’on sait que le terroir exceptionnel  de Palmer mériterait une deuxième voire une première place Palmer ne sort « que » 3ème Grand Cru Classé dans la hiérarchie du Classement de 1855. Shit !

1855-1938 : Up à nouveau . Palmer reprend de sa superbe et…down again.  Merci la crise de 1929. La société civile Péreire vend le Château en 1938. Quatre familles de négociants bordelais rachètent le Château (no comment…) : les Sichel, Mähler-Besse, Ginestet et Miailhe. Et c’est reparti pour un tour super up. Enfin, passé la seconde guerre mondiale, quand même.

1945-1977 : Super up. Château Palmer, grâce notemment aux Chardons régisseurs de père en fils à Palmer sur plus de 100 ans et surtout aux Chardons d’après-guerre Pierre, Claude et Yves. Palmer renait de toutes ses ceps. Immenses millésimes : 1949, 1953, 1955, 1957, 1959, 1960, 1961, 1962, 1966, 1970, 1971, 1973, 1975, 1976 et…1978  et bien d’autres après. Palmer fait la nique aux deuxièmes grands crus classés que sont Rauzan-Ségla Rauzan-Gassies, Dufort-Vivens, Lascombes. Après le fameux 61 de Château Margaux, il était même entendu que Palmer dans les années 60 et 70 était nettement meilleur que Château Margaux, en baisse de régime malgré son statut premier grand cru classé. Ce n’est qu’en 1978 que Château Margaux a remonté la pente. Palmer et Margaux 78 se tirent la bourre, pour notre plus grand plaisir.

1978 : Millésime upissime grâce à un mois de septembre exceptionnel ! Le château nous raconte « Ce millésime est miraculé, tant la vigne a souffert, après un gel sur les merlots le 16 avril, d’un retard de végétation important dû à des températures basses en mai et juin, suivi d’un été très moyen. Ce millésime très tardif a été sauvé par un mois de septembre exceptionnel et un climat estival en octobre. La maturité est complète, les degrés élevés et le bon niveau d’acidité annoncent un millésime de grande garde. Les vins sont particulièrement fins et élégants, bien équilibrés et avec une bonne concentration. »
Un anglais nous dit en 2016  (mais bon c’est un anglais…, mais quand même !) : « A convincing Margaux that has far more vigor and length than you would presume. »

2014 : Last but not least… of course. Passage de la totalité du domaine en biodynamie… Il n’est jamais trop tard pour faire bien.

Et more and more sur Palmer…Voici un article assez complet écrit par Pierre Casamyor paru en 2015 dans la Revue du Vin de France (N°589)

Quand un grand cru classé comme château Palmer décide d’adopter la biodynamie, il le fait avec la précision et le tact de ses vins. Chaque parcelle est étudiée, testée et travaillée avec un grand respect. Histoire d’une révolution de velours.

 

L’histoire de Palmer mériterait un article à part entière. Acheté en 1814 sur un coup de cœur   par le major Palmer, un compagnon de Wellington séduit par les beaux yeux de madame de Gascq, ce cru va le ruiner aussi sûrement qu’une danseuse. Ce sont ensuite les banquiers Pereire au faîte de leur gloire qui mettront en valeur le potentiel du domaine, hélas trop tard pour accéder au firmament du classement de 1855 ; Palmer héritera du rang de 3e cru classé. Ils construiront le château à tourelles et le délicieux village vigneron qui le jouxte.

 

C’est en 1938 que quatre familles du paysage bordelais rachètent le cru, les Sichel, Mähler-Besse, Ginestet et Miailhe. Les deux dernières vendront leurs parts aux deux premières, représentées aujourd’hui par la troisième génération avec une kyrielle de cousins représentés au conseil de surveillance. Après une brillante direction de Bertrand Bouteiller, les actionnaires confient la direction de Palmer à Thomas Duroux en 2004.

 

Le vignoble est exceptionnel, avec une croupe qui fait face à château Margaux et regarde l’estuaire, composée de graves pyrénéennes güntziennes en trois horizons, 30 cm de graves sableuses en surface, puis 30 cm de graves argileuses assises sur de nouvelles graves sableuses. Un potentiel parfait pour une alimentation régulière de la vigne et un drainage idéal. « Cet horizon riche en argile agit comme un goutte-à-goutte naturel, la vigne ne souffre jamais de sécheresse. » Une autre partie, dans le secteur de La Croix de Fer vers Cantenac, est plus riche en argile, avec des graves très profondes, un enracinement important. Le premier secteur amène la finesse, le second la puissance : une équation parfaite. Le rachat des quatre hectares de vieilles vignes de château Vincent vient enrichir le potentiel, elles sont désormais incorporées à Palmer.

 

La grande croupe de graves fines près de l’eau, un véritable terroir de premier cru, était le lieu favori d’Henri Enjalbert, professeur de géographie à l’université de Bordeaux, pour ses études du sol margalais. En 2007, la nouvelle équipe y a initié une vaste campagne de caractérisation : mesure de la résistivité des sols, cartographie par ULM et caméra infrarouge, mesure des alimentations hydriques et azotées… le tout pour une synthèse qui a permis de caractériser le potentiel agronomique des parcelles.
LE CHANGEMENT DE CULTURE

Il en résulte une révision drastique des méthodes de culture : abandon des techniques traditionnelles du travail du sol et introduction de l’enherbement. Un enherbement raisonné au vu des caractéristiques de la parcelle : permanent ou saisonnier, semé ou naturel, il ne suit pas moins de 15 pratiques différentes, en fonction des taux d’azote, d’eau, des différences de sol, de la vigueur des pieds de vigne. Ces données seront aussi déterminantes dans la décision des dates de vendanges. Seul le dessous du rang est travaillé, on évite un trop grand tassement des sols avec un tracteur muni d’un troisième essieu pour répartir la charge. En revanche, le projet de conversion en biodynamie a fait son chemin. Après une expérimentation menée sur un hectare en 2009 comparé à un hectare conduit en culture conventionnelle, on est passé à 11 ha en 2011, puis à 33 en 2013 pour atteindre la totalité en 2014. La démarche est en cours de certification. « Je n’exploite pas un vignoble, précise Thomas Duroux, je vis une propriété. Mais restons modestes. Nous avons baissé le rendement en rééquilibrant la vigueur des pieds, il est difficile de dépasser 35 hl/ha pour obtenir une qualité digne de Palmer« .

Ils adoptent donc une taille draconienne pour limiter les rendements : six à huit grappes par pied, en accord avec la densité traditionnelle du Médoc, 10 000 pieds/ha. Ce qui n’empêche pas une expérience surprenante : une parcelle a été replantée à 20 000 pieds espacés d’un mètre entre les rangs, avec une taille différente pour optimiser l’espace. Un retour aux anciennes densités lorsque le vignoble était planté en foule. Autre curiosité, une parcelle de blanc a vu le jour avec un encépagement qui s’éloigne des canons médocains : muscadelle, lozet, sauvignon gris et merlot blanc. Ce dernier donne lieu à une production confidentielle (non commercialisée) d’un vin passerillé sur claies très étonnant.
Sur 55 ha, l’encépagement en rouge est composé de 47 % de merlot, 47 % de cabernet-sauvignon et 6 % de petit verdot. L’âge moyen navigue autour des 38 ans. Notez que la proportion importante de merlot n’est pas étrangère au style Palmer.
 

UNE MATIÈRE PREMIÈRE CHOYÉE

 

Les raisins sont d’abord triés à la vigne, puis transportés en cagettes au cuvier retournées sur un premier tapis vibrant. Un second tapis pour un tri manuel, puis un érafloir révolutionnaire qui bat les grappes en douceur et trie les grains selon leur taille grâce à des rouleaux successifs. Un dernier tri optique assure une matière première d’une grande pureté et d’un état sanitaire irréprochable.

 

D’abord, on évite le sulfitage au raisin en lançant de suite la fermentation grâce à un levain qui colonise immédiatement le milieu sucré – lors d’une autre étape un levain est élaboré avec une levure indigène pour cause de certification. Puis la récolte est foulée et transportée par gravité en cuves avec de petits cuvons mobiles sur palans. Les 55 cuves inox sont tronconiques, de capacités adaptées aux parcelles voire aux portions de parcelles. Le cuvier équipé de cuves de 100 hl fonctionne comme un bain-marie. Les remontages sont effectués par un robot qui arrose le chapeau de façon homogène.

 

Les fermentations se déroulent entre 26 °C et 30 °C et la cuvaison entre 25 °C et 28 °C. « On essaie d’extraire plutôt en phase aqueuse, moins ensuite. » Un cuvier expérimental, avec des cuves de petites dimensions, est destiné aux nombreux essais dont Thomas Duroux n’est pas avare. Les marcs sont pressés dans des pressoirs verticaux, les jus seront sélectionnés et élevés à part, utilisés dans les assemblages selon dégustation.

Les vins sont ensuite entonnés dans 50 à 70 % de bois neuf pour le grand vin, 25 à 40 % pour Alter Ego. La malolactique s’effectue pour partie sous bois, les élevages durent entre 20 à 21 mois pour Château Palmer, avec des soutirages à l’esquive. Deux chais à barriques se partagent les vins, un par millésime, chacun y restera tout son élevage. Un collage au blanc d’œuf viendra apporter une ultime clarification avant mise en bouteilles.

 

Primeurs obligent, les assemblages sont déterminés assez tôt entre Palmer et Alter Ego. Alter Ego n’est pas présenté comme un second vin : issu de parcelles propres, le style de ses raisins est différent, ainsi que les vinifications et l’élevage, avec moins d’extraction et moins de bois. Si 5 à 15 % des vins partent en vrac, le reste est également réparti entre Palmer et Alter Ego.

 

UN CORPS MUSCLÉ ET CHARPENTÉ

 

Il y a un style Palmer qui transcende les évolutions technologiques. Un style qui se définirait entre élégance aromatique et velouté de trame. L’excellence de ce terroir va bien au merlot qui dévoile ici une finesse particulière avec un fruité éclatant et précis. Le cabernet-sauvignon apporte sa droiture et sa rigueur. Le corps de Palmer est musclé et charpenté. Les tanins, à parfaite maturité et au grain très velouté, sont parfaitement extraits. Très charmeurs jeunes, les vins de Palmer s’étoffent à la garde avec l’apparition d’un bouquet racé et complexe, une allonge qui s’étire avec le temps. Un grand margaux pétri d’élégance qui a pris une dimension supérieure avec ces derniers millésimes. Quant à Alter Ego, avec son fruité croquant, sa souplesse, son sourire immédiat et ses tanins fondus, c’est un vin de plaisir qui fait partie de la famille.

FICHE D’IDENTITÉ DU CHÂTEAU PALMER

 

Terroir : 55 hectares (petit verdot 6 %, merlot 47 %, cabernet-sauvignon 47 %)
Production moyenne annuelle : 240 000 bouteilles
Type d’agriculture : certification biodynamie en cours

3 QUESTIONS À THOMAS DUROUX

RVF : Comment gérez-vous les relations avec les actionnaires familiaux ?
Il y a une profonde affection des actionnaires pour Palmer, avec certes une optique de rentabilité, mais une réelle volonté de mettre cet héritage en valeur pour transmettre à la 4e génération. Ils ont accepté les évolutions et les investissements. L’entente fonctionne bien.

RVF : Que vous a amené 
la biodynamie ?

Une plus grande lisibilité de la personnalité des parcelles, même si les vins n’ont pas changé à ce stade. Avec une autorégulation de la vigueur des vignes et un changement des mentalités.

RVF : Quelles améliorations sont encore possibles ?

Conforter la biodynamie, avec une certification et continuer la réduction du SO2 grâce à un levain de levures propres. On peut aussi encore optimiser les élevages et mieux déterminer l’apport du boisé. Depuis quatre millésimes, je garde la moitié des vins en réserve. Ils seront vendus plus tard.
Château Palmer 1978 Grand Cru Classé de 1855 Margaux pour Lindaboie
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