Clos des Lambrays Grand Cru 2016

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L'avis de Linda

2016, des nouvelles du Domaine :  “Glorieux avenir : Fin mars, la sortie de la végétation laisse espérer une belle vendange aux vignerons de Bourgogne, qui connaissent des rendements faibles depuis plusieurs années. Fin avril, un épisode gélif d’ampleur inédite dévaste le vignoble. Le Clos des Lambrays échappe au drame. L’été sec et chaud se prolonge en septembre pour des vendanges heureuses. 2016 est donc un rescapé promis à un avenir glorieux. Tout juste vendangé et mis en fûts, le millésime est une excellente nouvelle.”

Guide 2018 des Meilleurs vins de France :  3 étoiles (le maximum) pour le Domaine des Lambrays,  et un panégyrique dans les commentaires ” … Le Clos des Lambrays continue de produire des vins exceptionnels…Sans être revendiquée, la viticulture est ici foncièrement bio, avec une grand partie du vignoble travaillée au cheval… Le Grand Cru est un vin classique et très régulier, qui vieillit à la perfection.”

2016, des nouvelles du Domaine :  “Glorieux avenir : Fin mars, la sortie de la végétation laisse espérer une belle vendange aux vignerons de Bourgogne, qui connaissent des rendements faibles depuis plusieurs années. Fin avril, un épisode gélif d’ampleur inédite dévaste le vignoble. Le Clos des Lambrays échappe au drame. L’été sec et chaud se prolonge en septembre pour des vendanges heureuses. 2016 est donc un rescapé promis à un avenir glorieux. Tout juste vendangé et mis en fûts, le millésime est une excellente nouvelle.”

Guide 2018 des Meilleurs vins de France :  3 étoiles (le maximum) pour le Domaine des Lambrays,  et un panégyrique dans les commentaires ” … Le Clos des Lambrays continue de produire des vins exceptionnels…Sans être revendiquée, la viticulture est ici foncièrement bio, avec une grand partie du vignoble travaillée au cheval… Le Grand Cru est un vin classique et très régulier, qui vieillit à la perfection.”

Lire aussi  ci-dessous : L’interview de Thierry Drouin réalisée par le magazine ligne All About Burgundy le 17. mars 2016 (n.b. : depuis  cette itw, on connait le nom du nouveau régisseur. Il s’appelle Bruno Champy. Il est champenois, a travaillé pour Dominus, propriété américaine des Moueix (mais si vous connaissez, ce sont eux qui ont Petrus), puis le négociant Louis Latour)

“Le Clos des Lambrays n’était pas à vendre. Il était à acheter !”

Passé sous la coupe du groupe LVMH, leader mondial du luxe, le Clos des Lambrays a changé d’ère il y a tout juste deux ans. Thierry Brouin, régisseur de ce grand cru de la Côte de Nuits revient sur ce qui a changé, ses projets et sur le recrutement de son successeur.

Nous sommes deux ans maintenant après l’achat du domaine des Lambrays par LVMH. Qu’est-ce que cette reprise a changé pour le Clos ? Quelle a été votre feuille de route ?
C’est de continuer à faire le même style de vin. Antoine Arnault (Ndlr : fils du fondateur de LVMH, Bernard Arnault) adore le Clos de Lambrays. Le PDG de Moët Hennessy, Christophe Navarre, aussi. Les critiques sont favorables.  Au niveau de la distribution, ils n’ont pas voulu changer non plus. On continue notre petit bonhomme de chemin avec 40 % de ventes en France (grande restauration, caviste, particulier). Ce qui a beaucoup changé, c’est la visibilité. Quand on entre dans un groupe comme celui-là, on bénéficie d’une communication hors pair.  Quand l’Hermione (Ndlr : réplique du navire de guerre français qui conduisit Lafayette en Amérique en 1870) est arrivée aux Etats-Unis, 36 magnums ont été servis au cours d’un grand banquet.

Comment les prix des vins ont-ils évolué ?
On essaie de progresser par rapport à notre voisin du Clos de Tart avec lequel existe un gros différentiel.  Mais le groupe LMVH reste très pragmatique. Tout le monde pensait qu’on allait doubler le prix. On monte petit à petit : 7,5 % avec le millésime 2014. On verra avec 2015. Le prix d’une bouteille de vin, c’est la qualité et la rareté. Si la Romanée-Conti faisait 100 000 bouteilles, et même si le vin était encore meilleur, elles ne se vendraient pas le prix que l’on connait. Les bourguignons craignent d’avoir des grandes quantités à commercialiser du même millésime d’une même appellation. On préfère avoir 2 000 bouteilles de latricières-chambertin, 3 000 de bonnes-mares, etc.
On aurait pu mener une politique de vente à la bordelaise, par tranche. Mais comme vous le savez, à Bordeaux, ça leur est parfois retombé sur le museau. On retrouve chez Leclerc des vins vendus moins cher à l’unité que ce qui se vendait par caisse de 12 trois ans auparavant.

Le prix mis sur la table par LVMH, un peu plus de 100 millions d’euros, a suscité beaucoup de commentaires. Qu’en pensez-vous ?
Il faut arrêter de dire que c’est LVMH qui a mis le feu aux poudres sur le prix des vignes. 100 millions d’euros pour le Clos de Lambrays (Ndlr : 8,7 ha) cela fait moins de 500 000 euros l’ouvrée. Vous en trouvez du grand cru à ce prix-là !? Et il y avait tout le reste : un hectare de morey-saint-denis premier cru, les premiers cru de Puligny-Montrachet, parmi ce qu’il y a de mieux, dans les Caillerets et Les Folatières , deux récoltes et demi en cave, tous les bâtiments en parfait état d’entretien, l’outil de travail pour la vigne et la vinification…
Les grands crus de Bourgogne c’est devenu comme la Joconde. Le jour où l’on vendra la Romanée-Conti, quelqu’un mettra un milliard ou deux…

Cela reste un vrai problème de fond pour la Bourgogne.
Oui le problème est réel. Dans les domaines familiaux, l’exploitant n’est pas assujetti à l’ISF mais les autres membres de la famille le sont. Ceux-là paient des centaines de milliers d’euros d’impôts pour 3 ou 4 caisses de 12 à la fin de l’année.

Madame Freund (ndlr : veuve de Gunther Freund, acheteur du domaine en 1996) ne voulait pas vendre à des Bourguignons ?
Elle n’était pas foncièrement vendeuse.  Quand elle a reçu la première lettre d’intention, elle n’a pas dit : « Chic ! Vendons tout de suite ». Après coup certains se sont étonnés : le Clos des Lambrays était à vendre ? Non, il était à acheter.

Vous avez signé un contrat avec LVMH pour poursuivre et assurer la transition avec votre successeur. Combien de temps doit durer cette transition ?
J’ai signé pour 5 ans avec 3 ans à plein temps. J’assure le millésime 2014, 2015, 2016, et deux ans comme consultant. Ce qui m’amènera à 70 ans. C’est raisonnable de s’arrêter.
Votre successeur est-il désigné ?
Non.

Quels sont les critères de recrutement ?
Il faut trouver quelqu’un de polyvalent qui s’y connaisse en viticulture et en œnologie mais qui soit aussi un bon communicant. Dans un grand groupe comme cela, ils y attachent une grande importance. Il faut qu’il aime un peu voyager pour représenter le domaine à l’étranger. Les candidatures ne manquent pas…

 

Ce serait important pour le groupe d’avoir un bourguignon à la tête du domaine ?
Pas forcément. Et je suis d’accord. On a simplement dit : tout, sauf un Bordelais.

LVMH est conscient qu’un domaine comme celui-ci doit s’insérer dans un cadre local ?
Bien-sûr. Ils fonctionnent comme ça en Champagne.

Des évolutions du mode de culture sont-ils à prévoir vers la bio, la biodynamie ?
Nous sommes ici en viticulture extrêmement raisonnée : pas d’engrais, pas d’herbicide, pas d’insecticide depuis 6 ans, pas de traitement anti-pourriture. C’est un secteur qui est sensible à l’oïdium. En 2012, on s’est fait prendre les doigts dans la porte. On a perdu 30 % de la récolte. Quand il y a une méchante pression, je me paie le luxe de faire trois traitements systémiques. La biodynamie, je ne suis pas contre. Mon successeur fera ce qu’il voudra.

Il faudra qu’il soit sensible à l’esprit du groupe on l’imagine. Le recrutement pourrait-il se faire en interne ?
Oui. C’est tout à fait possible. Il y a du monde dans le groupe.

Vous en êtes donc à votre 35e vinification. Quelles sont les changements les plus notables intervenus pendant cette période ?
Jusque dans les années 1990, ce n’était pas facile de faire de bons vins avec notre grand pourcentage de jeunes vignes. Et puis les années 80 n’étaient pas glorieuses question millésimes. On a été les premiers à avoir une table de tri dans le village en 1989 je crois. A partir de 1991 j’ai pratiqué la vinification en vendanges entières dans des proportions de plus en plus importantes. Le tri a été de plus en plus sélectif, on a amélioré notre système de pigeage. On a toujours été autour de 50 % de fûts neufs, ce qui convient à notre style de vin. La qualité a commencé vraiment à progresser à partir de 1990. C’est la vigne qui a pris l’âge… Le régisseur aussi.

Le domaine a connu de nombreux investissements ces  dernières décennies ?
Quand je suis arrivé ici, en 1981, tout était en ruine. Le vignoble était dans un état pitoyable. On pouvait parler de « Clos délabré ». La famille Cosson a été propriétaire de 1938 à 1979, ils n’ont jamais remplacé un pied. C’était la plus belle réserve de chasse du village. La maison était inhabitable. C’était des gens qui vivaient d’autres choses.
Il ne faut pas oublier que la richesse de la Bourgogne est excessivement récente. Le prix du Clos de Tart d’il y a 80 ans, ce serait 100 000 euros. Aujourd’hui, il vaut 200 millions.

Y-a-t-il un millésime qui vous a surpris sur la durée ?
1992. Un millésime assez fluet, léger. 23 ans après, il est toujours aussi bon. A contrario de 1996, un costaud, très encensé. On s’était dit qu’il allait durer 40 ans, aujourd’hui il vaut mieux le boire si vous en avez encore. On me pose souvent la question : quand est-ce qu’il faut boire tel vin ? Je réponds : dégustez de temps en temps et quand il vous plait, buvez-le. D’une cave à l’autre les différences peuvent être grandes.

Sinon, lire aussi : “LVMH s’offre un joyau en Bourgogne” Le Figaro.fr 15/04/2014 par Stéphane Reynaud

Le groupe de luxe a annoncé hier l’acquisition du Clos des Lambrays, une pépite de 8 hectares en Côte de Nuits

C’est l’annonce que le monde du vin attendait depuis des mois. Quel nouveau domaine de prestige allait tomber dans l’escarcelle d’un de nos grands patrons ? Après Bordeaux et la Champagne, les capitaines d’industrie veulent aujourd’hui acquérir leur propriété viticole, leur “toile de maître” en Bourgogne, sur cette langue de terre large d’à peine 1 kilomètre qui s’étend au sud de Dijon et fait fantasmer les amateurs éclairés de pinot noir et de chardonnay. Fin du suspense. Hier, en début d’après-midi, le groupe LVMH rendait publique l’acquisition du Clos des Lambrays, un domaine de 8,66 hectares situé à Morey-Saint-Denis, une commune qui peut s’enorgueillir des plus beaux noms de la Bourgogne : outre le Clos des Lambrays, on y trouve le Clos Saint-Denis, le Clos de la Roche, le Clos de Tart et une petite partie des Bonnes Mares. Pour les spécialistes, ce petit bout de terroir figure en bonne place parmi les dix plus grands de la Côte de Nuits.

Exclusivement planté de pinot noir, le domaine produit également des Morey-Saint-Denis premier cru et de grands chardonnays en Puligny-Montrachet premier cru Clos du Cailleret et premier cru Les Folatières. L’âge moyen de la vigne est de 60 ans, avec des ceps encore productifs qui atteignent 90 ans. Le temps joue en faveur de la qualité du vin de ce domaine. La production annuelle est en moyenne de 35 000 bouteilles, mais connait d’importantes variations selon les millésimes : 43 000 bouteilles furent produites en 1999, et seulement 15 000 en 2012. Domaine historique, le Clos des Lambrays apparaît pour la première fois en 1365 dans les titres de l’abbaye de Cîteaux sous le nom de parcelle du “Cloux des Lambrey”. En 1789, Il est divisé en 74 propriétés différentes. Il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour assister au début de sa réunification. En 1868, Louis Joly aménage la bâtisse construite en 1630. De formidables années vont contribuer à sa notoriété mondiale : 1919, 1923, 1929, 1934… De 1938 à 1979, le domaine connaît une période difficile. Du côté de Morey-Saint-Denis, il est alors surnommé le “Clos délabré”, un jeu de mot qui traduit le mauvais état des vignes, mal gérées par ses propriétaires d’alors, les Cosson. Le vrai réveil de la belle endormie survient au moment de son rachat en 1979 par les frères Fabien et Louis Saier, qui investissent dans le domaine. L’oenologue Thierry Brouin arrive sur place un an plus tard, en septembre 1980 : “Quand une vigne est laissée à l’abandon pendant une quarantaine d’années, cela demande ensuite beaucoup d’attention. À mon arrivée, il restait à peine la moitié des pieds. Il a fallu replanter, restructurer le sol.” En outre, tous les investissements techniques nécessaires sont alors réalisés. Le classement en grand cru survient le 27 avril 1981, il s’agit du dernier décret signé par Raymond Barre, avant l’ère Mitterrand. Cette distinction aurait dû intervenir plus tôt, mais elle avait été refusée par les anciens propriétaires, qui redoutaient plus que tout ses conséquences fiscales…

Le montant de la transaction reste secret

Depuis 1996, le domaine était propriété de la famille Freund, des Allemands de Coblence. “Les Freund se sont révélés très peu interventionnistes, mais ils ont continué à investir. Et, à raison d’une caisse consommée chaque semaine, M. Freund est vite devenu le meilleur client de la propriété”, s’amuse Brouin. Au fil des années, la qualité des vins tutoie à nouveau les sommets. Günter Freund meurt en novembre 2010. Ruth, sa veuve septuagénaire, ne souhaite pas conserver la propriété, qui est mise en vente. Le ballet des prétendants commence. À l’issue d’une belle série d’entretiens et de visites, le groupe LVMH est choisi pour ses capacités à garantir une continuité dans l’excellence, explique-t-on du côté de l’avenue de la grande armée, à Paris. “Il y avait beaucoup de gens très intéressés par le Clos des Lambrays. Mais LVMH semble le plus capable de garantir la pérennité de l’entité”, analyse Brouin. Le montant de la transaction est secret, mais les proches du dossier évoquent une première proposition à 80 millions d’euros refusée par les propriétaires. La valeur du Clos des Lambrays frôle certainement les 100 millions d’euros.

Au-delà du coût stratosphérique de l’hectare de vigne en Bourgogne, le terroir ne se livre pas facilement. Depuis l’achat en 1991 par François Feuillet, le patron de Trigano, de quelques ouvrées (une ouvrée correspond à 1/24 d’hectare) de Nuits-Saint-Georges premier cru Les Thorey, celui du château de Pommard par Maurice Giraud en 2003, et surtout, en 2006, l’acquisition du domaine Engel par François Pinault, suivie de celle, fin 2012, du château de Meursault et du château de Marsannay par Olivier Halley, peu ont réussi à s’offrir le domaine rêvé dans la région. Philippe Pascal, un des anciens bras droit de Bernard Arnault, chercha pendant dix ans le domaine qui lui convenait avant de trouver son Cellier aux Moines, à Givry. Aujourd’hui, les acheteurs sont à l’affût. Bernard Arnault le premier. Il y a peu, ce dernier mettait un terme aux négociations engagées en vue de l’achat du domaine Henri Rebourseau, à Gevrey-Chambertin. Le gérant de la propriété aurait alors décidé de faire monter les enchères au-delà du raisonnable. Avec l’acquisition réussie du Clos des Lambrays, le patron de LVMH peut savourer sa revanche.