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Lindaboie… Le Carton (ou la fleur) de la semaine

Château de Bellet  Cuvée Baron G.  Bellet Rouge 2015
Domaine Leccia, Patrimonio Blanc 2016

Leccia et Bellet pour Lindaboie.jpg

Prime à l’amateur : 
Soixante-quatre au lieu de soixante-douze euros


 50% Corse, 50% Provence
100% Sud
100% Bio
100% Bon
100% Original  

Château de Bellet  Cuvée Baron G.  Bellet Rouge 2015
Comme Haut-Brion à Bordeaux, le Bellet est l’un des rares vignobles urbains de France, puisqu’il est  planté dans l’agglomération de Nice, sur les collines de la ville.
Comme le vignoble de Condrieu, celui du Bellet a failli disparaître. Ghislain de Charnacé, le propriétaire du Château du Bellet fut l’un des plus ardents défenseurs de l’appellation dans les années 70 quand le vignoble était en quasi disparition. Il a su rallier les 11 producteurs de l’appellation à la “guerre des œillets” (à ne  pas confondre avec la révolution des Œillets de 1974 ), quand ceux si voulaient éradiquer les pieds de vignes, soutenus par l’avidité des uns et le gain rapide espéré par les autres.

Mais les 11 producteurs ont fait face, pied de vigne au sol et bouteille à la main. Mais qui est donc le Baron G ? Le baron Ghislain ?  Ghislain de Charnacé, est non seulement le descendant direct du Baron de Bellet (le Baron G ?) qui a donné son nom au vignoble mais celui qui a permis la renaissance de ce vin. Il l’a défendu avec une exigence de qualité sans faille,  en l’imposant sur les plus grandes tables et, grâce à son entre-gens, dans les plus grands  sommets internationaux. Sans son abnégation et sa force de persuasion, le vignoble de Bellet serait aujourd’hui au mieux du folklore au pire aurait disparu (cf plus haut la guerre des œillets, à ne toujours pas confondre avec la révolution des Œillets de 1974 ).Ghislain de Charnacé avait pour habitude de finir ses discours par cet adage familial. ” Que des actes, plus de parole”. Donc acte !  Je lève mon verre à cette magnifique région qui a vu naître ce grand cru.

Domaine Leccia, Patrimonio Blanc 2016

Ce millésime 2016 dévoile d’ores et déjà une remarquable qualité de fruit, entre pomme, pêche blanche et notes exotiques. La fraîcheur est au rendez-vous, portée par des notes mentholées et légèrement anisées. La bouche est juteuse, active, toujours dynamique, et finit sur une très belle définition du sol, sans jamais perdre le fruit. Remarquable !

Le vermentinu, à la maturité plutôt précoce, n’a pas souffert de la sécheresse et des fortes chaleurs de la fin d’été 2016. Au moment des vendanges, la plupart des vignerons de Patrimonio avaient plutôt le sourire, au vu de l’excellente maturité du raisin couplée à un bon niveau d’acidité.

Les vignes du domaine, âgées d’une trentaine d’années et provenant uniquement de sélections massales, occupent des pentes argilo-calcaires entrecoupées d’affleurements de schistes. Leur exposition régulière aux vents marins (Libecciu en tête) les protège en outre des trop fortes chaleurs, susceptibles de bloquer la maturité. Elles bénéficient d’un soin de tous les instants, entre labour et déchaussage, désherbage manuel, amendement naturel, taille courte, limitation des rendements par ébourgeonnage… jusqu’à une vendange manuelle, extrêmement minutieuse, et un pressurage doux en grappe entière. Tout ce qui pourrait altérer la qualité du jus et l’expression pure du terroir est ici banni depuis longtemps déjà.

Soucieuse de conserver typicité et fraîcheur, Annette Leccia fait le choix de vinifier sur levures indigènes exclusivement et d’élever le vin uniquement en cuve inox, sur ses lies, pendant 6 bons moins. Dans le même esprit, la fermentation malo-lactique n’est pas recherchée : la bonne maturité du fruit et le gras naturel du vermentinu doivent suffire à apporter au vin la rondeur nécessaire, sans qu’il ne s’éloigne d’un iota de son identité propre.


Et le retour du Chiroubles 2015 !
Cette fois-ci, vraiment les dernières. Snif.

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